Côte d’Ivoire: Nourrir les enfants à l’école permet de les maintenir plus longtemps en classe

5 novembre 2013, Flatchiédougou, Côte d’Ivoire: Le nord-est du pays est une des régions où le taux de pauvreté reste élevé. Six personnes sur 10 vivent sous le seuil des pauvreté et plus de sept personnes sur 10 n’ont pas accès à l’eau potable. Pour assurer une meilleure éducation à leurs enfants, les habitants du village travaillent avec les organisations humanitaires pour remplacer les classes en paillotes par des bâtiments en dur. Crédit: OCHA/A. Kats
Au nord-est de la Côte d’Ivoire, les communautés locales tentent de s’adapter à la diminution progressive de l’aide humanitaire et au retrait des ONG.

Célestin Kouassi pointe du doigt le nouveau bâtiment de l’école primaire et se souvient de ce qu’il était il y a sept ans.

« En 2006, cette école connaissait encore trois paillottes comme salle de classe. Comme celle qui se trouve derrière nous, construite par les villageois », raconte Célestin. Il travaille pour Soleil Levant, une ONG locale qui aide les villageois de Flatchiédougou dans le district de Zanzan au nord-est de la Côte d’Ivoire. « Il était impossible d’accueillir tous les enfants, pas plus de 100 et encore c’était trop. C’est grâce à l’Unicef que nous avons pu construire un premier bâtiment ».

«En 2011, Soleil Levant a pu suivre la finalisation du deuxième bâtiment, en tant que partenaire de Save the Children. Aujourd’hui, l’école accueille 380 filles et garçons, dans les classes de CP1 jusqu’en CM2. C’est l’ensemble des enfants du village », explique fièrement Célestin.

«Le travail et l’argent placé par les humanitaires dans ces écoles est un investissement sûr. Les enfants apprennent à lire et à écrire. L’enseignement est indispensable dans les efforts entrepris pour renforcer la cohésion sociale et la réconciliation en Côte d’Ivoire ».

Dans le Zanzan, les taux de pauvreté sont parmi les plus élevés de la Côte d’Ivoire. Six personnes sur 10 vivent en dessous du seuil de pauvreté. Ce qui implique qu’ils ont à peine assez d’argent pour acheter quotidiennement un kilo de riz, la nourriture de base. En outre, plus des ¾ de la population n’ont pas accès à l’eau potable.

En raison du manque de financement, de nombreuses ONG internationales ont dû réduire leurs activités sur le terrain et gérer à distance leurs projets au travers de partenaires de mise en œuvre tels que Soleil Levant. Néanmoins, la couverture humanitaire demeure insuffisante au regard des besoins de la population.

Les cantines scolaires

Dans les régions rurales pauvres, offrir un repas aux enfants à l’école contribue à les maintenir en classe  et encourage les parents à y envoyer leurs filles. Soleil Levant réfléchit donc à créer une cantine scolaire. «Les volontaires sont là, mais il nous manque les partenaires techniques pour nous soutenir. Eux, ils ne sont plus là. », se désole Célestin.

À une dizaine de kilomètres du village, les habitants de Djorbanandouo ont, eux, eu la chance d’avoir une ONG prête à soutenir leur cantine scolaire. Mais les villageois devront faire le gros du travail.

En 2009, l’ONG locale Notre Grenier, s’est rapproché du groupement de volontaires de Djorbanandouo pour leur faire un prêt de 80kg de semences de riz, à la seule condition de doter l’école d’une cantine scolaire et d’une cuisine et de ne rembourser que lorsqu’un peu de revenu sera créé.

Ayant joint leurs forces pour construire la cantine, le groupement a ensuite sécurisé des parcelles de terre en bas-fonds pour démarrer la plantation de riz. Avec les semences, le groupement a pu assurer la production de 10 tonnes de riz à la récolte.

Depuis, les effets se multiplient. Avant la production, 80 élèves étaient inscrit à l’école. Depuis la mise en place de la cantine en 2013, l’école compte 160 enfants dont 85 filles. De nombreuses personnes ont rejoint le groupement.

«Ce projet a eu un effet boule de neige » raconte Diarra Vatogoma, enseignant et fondateur du groupement de villageois. « Avec quelques semences nous avons pu étendre la production de 5 à 20ha, et multiplier la production par quatre. Depuis, la cantine tourne comme il faut, plus d’élèves viennent à l’école, et les membres du groupement assurent l’approvisionnement du marché et leurs propres besoins. Ici, on ne parle pas d’insécurité alimentaire ».

Les villageois ont pu diversifier leurs productions et étendre leurs champs au-delà des limites du village, grâce aux revenus générés par la vente d’une partie des récoltes de riz.

Cependant, le groupement fonctionne avec des moyens modestes et cherche à s’approvisionner en matériel agricole tels que des outils et du matériel d’irrigation pour maintenir et diversifier la production.

Mais comme à Flatchiédougou, il n’y a pas assez d’organisations qui pourraient les soutenir.

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