Côte d'Ivoire: After relief comes reconstruction

Sandrine’s husband was killed during the post-electoral crisis, leaving her alone with her 8-year-old son. After months in a camp, returning to her rehabilitated house was a great relief. Credit: OCHA/A.Desgroseilliers
Aid organizations help Ivorians affected by post-election crisis return home and rebuild their lives.

More than a year after the post-election crisis, life is gradually returning to normal in Côte d'Ivoire. In the west of the country, where interethnic clashes killed hundreds of people and forced hundreds of thousands to flee, most have now returned to their villages. But starting over and rebuilding lives and communities is now a challenge.

After providing emergency relief during the crisis, humanitarian organizations are now supporting people who are returning to their villages, and helping them to reestablish their lives. This year’s humanitarian appeal requested US$160 million for Côte d’Ivoire and is so far 57 per cent funded. Aid organizations have been able to implement about 30 projects to help people return home.

(Niambly, September 2012) In the small village of Niambly, close to the Liberian border in western Côte d'Ivoire, children are playing outside, shaping small piles of mud into miniature bricks using old sardine cans. They leave the bricks to dry for a while before piling them up, building a dollhouse. The kids’ game imitates what Niambly’s adults have been doing over the last few weeks.

Reconstruction has started in the village, where hundreds of houses were looted, destroyed or burnt during the inter-communal violence that characterized the country’s post-electoral crisis.   

“We have rebuilt or rehabilitated nearly 200 houses over the last four months,” says Michel Kliman from Solidarités International, one of several NGOs assisting people who were affected by the crisis.

“When we arrived here, it was like the bush! Most houses were in ruins and the most of the villagers lived in a camp 10 km away,” he explains. The NGO provided construction materials and skilled labour, but asked villagers to participate in the project by making their own bricks. “The goal is to reinforce social cohesion by building the houses together,” said Kliman.  

Focus on the most vulnerable

“When I was living in the displaced people’s camp, I would often come back to spend the day in the village, but my house was destroyed so I would return to the camp to sleep there,” said 27-year-old Sandrine, one of the beneficiaries of the reconstruction project.  

She finally decided to leave the camp in July 2012, when it was attacked and destroyed by an angry mob, fuelled by inter-communal tensions. The reconstruction of her house came as a great relief.  “Thanks to the work of the NGOs, rainwater does not come into the house any more and I have some protection from bugs,” she explained.

Sandrine’s husband was killed during the post-war crisis, leaving her alone with her 8-year-old son. She has no source of income and her belongings amount to some basic kitchen utensils, mats and blankets she received from humanitarian organizations. Sandrine depends entirely on the food rations distributed by the World Food Program (WFP) to feed her child and herself.

Supporting recovery of the farming sector

Agriculture is one of the main sources of food and income in the region, but Sandrine and the other villagers missed the planting and harvesting seasons while they were living in the camp. Humanitarian agencies are helping to support the return to agricultural activities in Niambly through technical and financial aid.

“We give cash to beneficiaries to buy seeds and insecticides and to clear their lands,” said Solidarités International’s agricultural mobilization agent, Céline Blou. Training workshops and mentoring are part of the programme. “Agriculture is part of local customs, but we can still provide advice, such as how to choose seeds or which fertilizer to use to prevent soil degradation,” Blou explains.  

“I started planting alone and Solidarités International’s staff gave me the courage to continue and to do it properly,” says Adeline Yaho, who needed help to grow rice and corn.

Adeline, a single mother of six, recently returned to the village after spending months in various camps for displaced people. “I always planted, but this time, thanks to the workshops, I learned how to separate the seeds properly. When you separate the seeds well, they grow well,” says the 34-year-old, proudly showing her rice paddy which is almost ready to harvest.  

The 2012 Consolidated Appeal Process (CAP), coordinated by OCHA for Côte d'Ivoire, has up till now mobilized US$91 million. However, this only covers 57 per cent of the needs identified to bring relief to hundreds of thousands of Ivorians who are recovering from the post-electoral crisis. Like Adeline and Sandrine, many continue to need support in their efforts to rebuild their lives. 

 

Côte d’Ivoire: après les secours d’urgence, la reconstruction

Les bénéficiaires du projet de reconstruction de maisons de l’ONG Solidarités International transportent du sable afin de confectionner des briques en guise de participation aux travaux. © OCHA/A.DesgroseilliersUn an et demi après la crise postélectorale qui a secoué la Côte d’Ivoire, la vie reprend graduellement son cours. Dans l’Ouest du pays, où les violences intercommunautaires ont fait plusieurs centaines de morts et contraint des centaines de milliers à fuir leurs villages, la majorité des populations sont rentrées chez elles.

Ce retour est toutefois rempli d’embûches pour ceux qui doivent reconstruire leurs vies après des mois d’absence. Les acteurs humanitaires qui ont assuré les secours d’urgence pendant la crise concentrent maintenant leurs efforts à pérenniser ces retours. Grâce au financement mobilisé dans le cadre de l’Appel de fonds consolidé (CAP) pour la Côte d’Ivoire coordonné par OCHA, une trentaine de projets ont pu être réalisés dans l’ouest du pays cette année.  

(Niambly, Septembre 2012) Mardi matin, le soleil plombe sur le village de Niambly, une petite bourgade de l’Ouest de la Côte d’Ivoire, non loin de la frontière avec le Libéria. Des enfants jouent dehors et forment des petits tas de boue qu’ils moulent soigneusement à l’aide de boîtes de sardines. Ils laissent ensuite ces mini-briques sécher avant d’en confectionner une maisonnette. Avec ce jeu, les enfants imitent les adultes du village qui depuis quelques semaines s’affairent au seau et à la pelle... Un vent de reconstruction souffle sur Niambly dont des centaines de maison ont été détruites, pillées et incendiées dans les violences intercommunautaires de la crise postélectorale.

« Nous avons rebâti ou réhabilité près de 200 logis au cours des quatre derniers mois » explique Michel Kliman, technicien chef de chantier pour Solidarités International, une des ONGs qui vient en aide aux populations touchées par la crise. « Quand nous sommes arrivés ici, c’était la brousse! La plupart des maisons étaient en ruine et la majorité des habitants résidaient dans le camp de déplacés de Nahibly à 10 kilomètres d’ici » ajoute-t-il. L’ONG a fourni les matériaux de base et la main d’œuvre qualifiée pour la construction des bâtiments, mais elle a demandé aux villageois de participer au projet en fabriquant eux-mêmes les briques. « Avec ce système de travail collectif, cela permet de renforcer la cohésion sociale tout en reconstruisant les maisons» indique Michel Kliman.

Accent sur les plus vulnérables

Sandrine, 27 ans, est une bénéficiaire du programme : « Je revenais souvent passer des journées au village quand j’habitais au camp de déplacés, mais ma maison était en ruine alors je retournais au camp pour dormir » raconte-t-elle. En juillet 2012, le camp de Nahibly qui abritait Sandrine ainsi que près de 5000 autres déplacés a été attaqué et détruit par une foule en colère à la suite d’une résurgence des tensions intercommunautaires. Sandrine a alors décidé de rentrer pour de bon dans son village natal. Dans ce retour précipité, la réhabilitation de sa maison constitue un grand soulagement pour Sandrine: « Grâce aux travaux, l’eau ne coule plus à l’intérieur quand il pleut et je dors à l’abri des insectes » note-t-elle.

Tout comme les autres bénéficiaires du projet de reconstruction, Sandrine a été sélectionnée en raison de sa grande vulnérabilité. Son mari a été tué pendant la crise, et la jeune veuve se retrouve aujourd’hui seule avec son garçon de huit ans, sans source de revenu, et sans autres biens que les ustensiles de cuisines, nattes et couvertures distribués par les acteurs humanitaires à titre d’assistance d’urgence. Sandrine explique que pour se nourrir, elle et son fils dépendent entièrement des rations distribuées par le Programme alimentaire mondial (PAM).

Appui à la relance agricole

Adeline, une mère monoparentale de six enfants, montre fièrement le riz qu’elle pourra bientôt récolter dans son champ. Après des mois passés dans les camps de déplacés, Adeline a bénéficié d’un appui de l’ONG Solidarités International pour relancer ses activités champêtres. © OCHA/A.DesgroseilliersSandrine et les autres habitants de Niambly qui ont fui leur village dans les violences de la crise ont raté les périodes de semis et de récoltes pendant leur absence. Dans la région, l’agriculture est pourtant un des principaux moyens de subsistance. Pour soutenir le retour des populations, les acteurs humanitaires appuient la relance agricole, comme à Niambly, où Solidarités International offre une aide technique et financière aux retournés. « Les bénéficiaires reçoivent de l’argent pour acheter des semences, défricher leurs champs et acheter des insecticides » explique Céline Blou, Mobilisatrice agricole pour l’ONG. Des ateliers de formation sont aussi organisés: « L’agriculture fait partie des coutumes locales, mais on prodigue certains conseils, par exemple : comment choisir les semences ou encore les engrais à utiliser pour ne pas appauvrir les sols » ajoute-t-elle.

Les participants au programme sont encadrés à chacune des étapes : « J’avais commencé à faire mon champ toute seule, mais quand les travailleurs de Solidarités International sont venus, ils m’ont donné le courage de continuer et de bien faire » explique Adeline Yaho, qui a bénéficié d’un appui pour faire pousser du riz et du maïs. La mère monoparentale de six enfants est rentrée depuis peu au village après des mois passés dans les camps de déplacés. « J’ai toujours planté mais cette fois, grâce aux ateliers, j’ai appris comment bien séparer les semences pour ne pas en perdre… Quand tu sépares bien, cela pousse bien! » s’exclame la femme de 34 ans, toute fière de montrer le riz qui sera bientôt prêt à récolter dans son champ.

À ce jour, l’Appel de fonds consolidé (CAP) 2012 coordonné par OCHA en Côte d’Ivoire a permis  de mobiliser  91 millions de dollars. Cela ne couvre pourtant que 57 pourcent des besoins identifiés pour venir en aide aux  centaines de milliers d’Ivoiriens touchés par la crise postélectorale.  Comme Adeline et Sandrine, ils sont nombreux à continuer à avoir besoin d’être accompagnés dans leurs efforts pour reprendre une vie normale. Avec la stabilisation progressive du pays, l’assistance d’urgence laisse graduellement place aux projets voués à l’appui au développement. En 2013, OCHA continuera non seulement à assurer la mobilisation des fonds nécessaire pour permettre cette transition, mais jouera aussi un rôle clé pour coordonner les efforts des acteurs humanitaires et des agences de développement afin de les arrimer aux nombreuses initiatives lancées par le gouvernement ivoirien pour la reconstruction du pays.

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