République centrafricaine: les humanitaires distribuent des fournitures médicales dans la capitale

1 Avril 2013: Un jeune garçon reçoit un traitement à l’hôpital pédiatrique de Bangui, République centrafricaine. Au mois de mars, une évaluation révélait un manque généralisé de personnel médical et de médicaments à travers la ville. Credit: EMERGENCY/Paul Ley
La pénurie de soins médicaux aggrave la crise qui frappe le pays.

Malgré une situation sécuritaire extrêmement tendue, les agences des Nations Unies et leurs partenaires humanitaires apportent une aide vitale à des milliers de personnes qui nécessitent une attention médicale d’urgence à Bangui,  la capitale centrafricaine.

Le pays est en proie à une crise depuis décembre, lorsqu’une offensive menée par les rebelles a entraîné une vague d’assassinats, de viols, d’actes de tortures, d’arrestations arbitraires et de recrutements forcés d’enfants dans des groupes armés à travers le pays. C’est la population entière du pays, 4.6 millions de personnes, qui a été touchée par cette crise, avec plus de 173 000 personnes déplacées internes.

« Ces personnes ont besoin de nous. Des centaines de milliers de centrafricains ont été coupés de toute assistance. Ils ont besoin de soins médicaux d’urgence ainsi que d’autre type d’assistance vitale, » insiste Kaarina Immonen, la Coordinatrice de l’action humanitaire en  RCA.

Une évaluation humanitaire conduite en mars dernier a souligné un manque important de médicaments et de personnel médical à Bangui. Les services de santé ont été interrompus alors que le nombre de patients a augmenté.

Les réserves de produits médicaux sont épuisées et l’équipement ainsi que le matériel médical ont été pillés. Les hôpitaux ne sont pas équipés pour les anesthésies et la traumatologie. Les médicaments de base et les produits d’hygiène ne sont pas disponibles.  A cela s’ajoute le risque que 13 703 personnes qui recevaient un traitement anti rétroviral contre le VHI ne puisse pas obtenir leurs médicaments.

« Nous restons extrêmement préoccupés par le bien-être et la santé de la population, » explique Sylvain Groulx, Chef de Médecins Sans Frontières (MSF) à Bangui. « Même en temps de paix, les gens luttent quotidiennement pour leur survie. Avant les récents évènements, les taux de mortalités des maladies évitables et traitables dépassaient déjà les seuils d’urgence dans de nombreuses régions du pays. Avec la situation d’insécurité actuelle, les mécanismes d’adaptation, déjà fragiles, sont poussés dans leur dernière limites, » ajoute M. Groulx.

L’accès aux soins médicaux était déjà difficile avant la crise. Les taux de mortalité maternelle étaient de 890 pour 100 000 naissances vivantes et le taux de mortalité infantile de 112 pour 1000 naissances vivantes – parmi les pires taux au monde. 150 enfants sur 1000 ne vivront pas jusqu’à l’âge de cinq ans.  

Les agences humanitaires fournissent des médicaments, du matériel chirurgical et obstétrique à Bangui. Cela permettra de subvenir aux besoins essentiels dans la capitale pour deux mois.

Cependant, il y a également d’énormes besoins à travers tout le pays, où de nombreuses communautés ont été complétement coupées de tous soins médicaux en raison de l’insécurité. Et pour empirer la situation, les pillages et les violences ont contraint la plupart des partenaires humanitaires à suspendre de manière temporaire leurs activités en dehors de Bangui.  

« La communauté humanitaire appelle au respect du Droit humanitaire international et des Droits de l’homme et à un accès humanitaire immédiat aux personnes ayant besoin d’assistance, » a déclaré Kaarina Immonen.

Lire la version Anglaise>>