Sénégal : Briser le cycle des inondations périodiques

2009, Dakar, Senegal: On estime que 100 000 personnes sont touchées par de graves inondations au Sénégal. C’est devenu un phénomène annuel pour bon nombre de communautés et les organisations humanitaires tentent de les aider à briser ce cycle. Crédit: IRIN/Nancy Palus
On estime que 100 000 personnes sont touchées par de graves inondations au Sénégal. C’est devenu un phénomène annuel pour bon nombre de communautés et les organisations humanitaires tentent de les aider à briser ce cycle. [Français - Anglais]

A chaque saison des pluies, des inondations à grande échelle et des dommages importants sont enregistrés au Sénégal. Cette année n'est pas différente des autres, avec des pluies supérieures à la moyenne, des inondations dévastatrices affectent actuellement environ 100 000 personnes. Presque toute la partie sud-ouest du pays a été inondée : de la capitale de Dakar aux régions de Mbour, Fatick, Djilor, Passy, Kaffrine et Kaolack.

En début septembre, OCHA a participé à une mission d'évaluation menée par le gouvernement à Mbour (l'une des régions les plus durement touchées par les inondations).

La mission (composée de représentants du gouvernement et OCHA, ainsi que les membres d'autres agences des Nations Unies) a identifié plus de 500 familles de Mbour durement touchées par les inondations dont certaines ont perdu tous leurs biens, leur stock alimentaire et leur maison.

Par ailleurs, des centaines d’hectares de terres agricoles ont été inondés, des écoles, des maisons et des bâtiments publics ont été détruits. Beaucoup des personnes déplacées ont cherché refuge dans des écoles, ou dans des familles d'accueil qui ont elles-mêmes beaucoup souffert.

Inondation annuelle

Malheureusement, cette situation est bien connue de bon nombre de communautés à travers le Sénégal. Les inondations sont devenues une norme annuelle. Chaque année, entre 100 000 à 300 000 personnes sont touchées par les inondations qui se trouvent exacerbées par un mauvais plan d’urbanisation et le manque d’information au sein des communautés urbaines pauvres sur les mesures qu'elles peuvent prendre pour atténuer l'impact des phénomènes météorologiques violents.

" Il n'est pas normal qu’à chaque année la population sénégalaise endure la même situation", a déclaré l'un des participants de la mission d’évaluation.

Les autorités nationales font de leur mieux pour fournir une assistance aux personnes touchées à la fois par les récentes inondations et par les besoins liés aux changements climatiques à long terme. Pour faire face aux inondations, les acteurs nationaux essayent d’évacuer l'eau stagnante, et les autorités de santé publique procèdent à des enquêtes épidémiologiques pour prévenir et contenir les maladies d'origine hydrique.

Le Sénégal (et la région du Sahel en général) a connu, au cours des cinq dernières années, une pluviométrie irrégulière allant de sécheresses inattendues à des crues soudaines. Mais les techniques agricoles et de moyens de subsistance doivent prendre ces changements en considération, un état de fait qui pourrait accroître la pauvreté et l'insécurité alimentaire dans les prochaines années.

Nouvelle réalité climatique

Un fonctionnaire de l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) qui participait également à la mission d'évaluation a indiqué que la solution pour de nombreuses communautés serait de s'adapter à leur nouvelle réalité climatique.

«Nous devons changer la façon dont les gens pensent et aborde la question de l’agriculture afin d'optimiser l'utilisation des terres », a-t-il dit.

«Par exemple, nous pouvons suggérer l'utilisation de semences de décrue qui permettra aux  agriculteurs d’être au moins en mesure de nourrir leur famille et de gagner un peu d’argent. "

Les efforts pour changer les pratiques agricoles anciennes sont déjà en cours. Dans le nord du Sénégal, le Programme alimentaire mondial (PAM) appuie les collectivités dans la plantation de potagers dans le cadre d'un effort plus large visant à construire une «muraille verte» à travers le désert du Sahara. L'initiative vise à aider les communautés à s'adapter aux sécheresses de plus en plus fréquentes, et à, en même temps, freiner la progression du désert.

«Le Sénégal n'est pas étranger aux inondations ", a déclaré Amal Saeed, une spécialiste des affaires humanitaires de OCHA qui a participé à l’évaluation rapide des besoins dans la ville de Mbour, «La question est alors, comment pouvons-nous les empêcher de causer tant de mal ? »

OCHA, en collaboration avec les acteurs humanitaires et le gouvernement, soutient le gouvernement du Sénégal à intégrer les activités de prévention et de préparation dans les politiques nationales de réduction des risques de catastrophe. Ces activités comprennent l'établissement de systèmes d'alerte précoce, la sensibilisation du public sur les risques d’inondation, et l'introduction de techniques d'adaptation au changement climatique, de planification urbaine et d’agriculture.

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