RDC: une nouvelle approche d’aide apporte choix et dignité

11 October, 2013
Septembre 2013. Katanga, RDC: Safi Mutombo montre sa page de coupons. Il y en a pour 90 dollars. In 2012, les organisations finance par le CHF ont mis sur pied 23 foires où les familles de déplacés ont reçu l’équivalent d’un soutien de $16.3 millions. Crédit: OCHA/Gemma Cortes
Septembre 2013. Katanga, RDC: Safi Mutombo montre sa page de coupons. Il y en a pour 90 dollars. In 2012, les organisations finance par le CHF ont mis sur pied 23 foires où les familles de déplacés ont reçu l’équivalent d’un soutien de $16.3 millions. Crédit: OCHA/Gemma Cortes

Il est peu avant midi sous un soleil de plomb à Kambilo, un village au nord de la province minière du Katanga en République démocratique du Congo (RDC). D’un côté les vendeurs et commerçants locaux installent leurs boutiques, de l’autre sont alignés plusieurs centaines de personnes déplacées qui ont dû fuir leurs foyers en raison d’une insécurité persistante qui règne dans la province.

Les acheteurs attendent l’ouverture de la foire – une nouvelle approche d’assistance en RDC. Les foires permettent, d’une part aux bénéficiaires d’acheter les articles et autres produits de première nécessité et d’autre part, aux commerçants de vendre des produits dont ces personnes - qui ont tout perdu dans leur fuite - ont réellement besoin : bâches, pagnes, casseroles, ustensiles et autres articles ménagers. Ils peuvent acheter ces articles directement des vendeurs locaux au lieu de dépendre des kits standards des agences onusiennes et des ONGs.

C’est la première foire qui se tient à Kambilo. Le camp de Kambilo compte environ 127 000 personnes qui ont fui les violences à Manono et ses environs en mars 2013. Elle est organisée par l’Armée du Salut avec le financement du Fonds Commun Humanitaire (CHF).

Le CHF est un fonds du pays qui regroupe l’argent de différents donateurs. Les agences humanitaires peuvent se servir du fond commun pour s’assurer que des besoins urgents soient couverts rapidement et efficacement.

Nombreux avantages

Chaque famille déplacée reçoit un lot de coupon d’une valeur totale de 90 dollars. Les familles effectuent ensuite leurs achats en échangeant ces coupons contre des biens de première nécessité.  Nadège Zawadi, 25 ans, mère de quatre enfants et enceinte du cinquième.

« Mon cœur n’était plus tranquille comme nous nous rapprochons de la saison de pluie. Nos cases sont construites en paille et laissent passer l’eau de la pluie et je me demandais comment j’allais y vivre avec les enfants, » dit-elle. « C’était la même chose pour tous les déplacés de ce camp. (Mais) maintenant que j’ai acheté une bâche, je n’ai plus peur.» Nadège a aussi pu acheter des vêtements et des ustensiles de cuisine : « Tout m’avait été pillé pendant la guerre. Pour sortir de ma case, il fallait que j’emprunte les habits d’une voisine. Pour préparer la nourriture, j’allais emprunter les casseroles ».

Au-delà des biens achetés, les familles gagnent aussi en liberté – celle de choisir librement ce qu’elle souhaite acquérir - et en fierté, celle de négocier les prix comme dans un « vrai marché », comme avant de fuir.

Les commerçants locaux sont aussi bénéficiaires car ce système de foires injecte de l’argent dans l’économie locale.  A la fin de la journée, les commerçants échangeront leurs coupons contre du cash : « A travers cette foire, j’ai pu vendre tous mes articles.  J’ai pu avoir un bénéfice équivalent à ce que j’attendais et j’en suis satisfaite » déclare une commerçante.

Reconstruire un sens de l’autonomie et de la responsabilité

Les foires constituent une nouveauté dans la manière dont l’aide est distribuée, tranchant avec la méthode traditionnelle de distribution de masse d’article prédéfinis. Jusqu’à présent, elles rencontrent un véritable succès en RDC.
En 2012, le Fonds a financé 23 foires à travers  le pays, soutenant plus de 26 000 familles et injectant plus de 16,3 millions de dollars dans les économies locales ravagées par le conflit. Depuis le début de l’année, le Fonds a alloué environ 6 millions de dollars pour la provision de biens de première nécessité à travers des initiatives telles que la foire de Kambilo.

« Ces foires sont des étapes importantes pour reconstruire les vies de ces personnes déplacées, » dit Alain Decoux, responsable du Fonds en RDC. « En attendant qu’elles puissent rentrer chez elles, nous voulons qu’elles puissent reconstruire un sens de l’autonomie et de la responsabilité sur leur vies. »

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